
L’enquête sur la mort du petit Émile, disparu à l’été 2023 dans le hameau du Haut-Vernet, connaît un nouveau tournant. Près de deux ans et demi après la disparition tragique de l’enfant, une perquisition menée le 16 décembre dernier au domicile de ses grands-parents a conduit à la saisie de deux vélos, désormais entre les mains des experts. Une initiative judiciaire qui relance les interrogations autour d’un dossier toujours marqué par de nombreuses zones d’ombre.
Une disparition qui continue de hanter le Haut-Vernet
Le 8 juillet 2023, le Haut-Vernet, petit hameau isolé des Alpes-de-Haute-Provence, bascule dans l’angoisse. Émile, âgé de deux ans et demi, disparaît alors qu’il se trouvait chez ses grands-parents. Très rapidement, une mobilisation d’ampleur se met en place. Gendarmes, équipes cynophiles, hélicoptères, bénévoles et habitants sillonnent la zone, fouillant chemins escarpés, bois et ravins alentour.
Malgré des recherches intensives, aucune trace de l’enfant n’est retrouvée pendant de longs mois. L’affaire suscite une vive émotion à l’échelle nationale, tant la disparition semble inexpliquée dans un périmètre pourtant rapidement quadrillé. Les enquêteurs multiplient les pistes, sans qu’aucune hypothèse ne s’impose clairement.
La découverte des ossements, un choc et de nouvelles questions

Le 30 mars 2024 marque un moment décisif, aussi tragique que déterminant. Une randonneuse découvre des ossements appartenant à un enfant, à environ deux kilomètres de l’endroit où Émile avait été vu pour la dernière fois. Parmi les restes retrouvés figure notamment la boîte crânienne du petit garçon.
Cette découverte met fin à l’espoir d’un dénouement heureux, mais ouvre une nouvelle phase de l’enquête. Les magistrats et les enquêteurs de la section de recherches intensifient alors leurs investigations afin de comprendre les circonstances exactes de la mort de l’enfant. L’émotion est immense, et les interrogations se multiplient, comme l’a souligné le quotidien Le Progrès.
Des expertises médico-légales révélatrices
Les analyses médico-légales réalisées sur les ossements d’Émile constituent un tournant majeur dans le dossier. L’examen approfondi de la boîte crânienne met en évidence une lésion située près de l’os zygomatique droit. Une observation jugée suffisamment significative pour remettre en question certaines hypothèses initiales.
Cette lésion permet notamment d’écarter plusieurs scénarios accidentels ou naturels. Sans établir de manière définitive les causes du décès, elle renforce la piste d’une intervention humaine. Toutefois, les experts restent prudents : la nature exacte de l’événement ayant conduit à la mort d’Émile demeure indéterminée.
La famille au cœur des investigations judiciaires

Depuis la découverte des restes de l’enfant, l’enquête n’a jamais connu de véritable pause. Les magistrats instructeurs du pôle criminel d’Aix-en-Provence poursuivent méthodiquement leur travail, multipliant les actes de procédure.
En décembre 2025, plusieurs membres de la famille élargie d’Émile sont entendus. Les grands-parents, l’oncle et la tante du petit garçon sont auditionnés le 9 décembre par les juges d’instruction. Ces auditions prolongées s’inscrivent dans une volonté de confronter les déclarations aux éléments matériels recueillis par les enquêteurs.
À ce stade, aucune mise en cause formelle n’est annoncée, mais ces auditions témoignent de la complexité d’un dossier dans lequel chaque détail compte.
Une perquisition qui relance certaines pistes
C’est dans ce contexte déjà tendu qu’un nouveau rebondissement survient. Le lundi 16 décembre dernier, une perquisition est menée au domicile des grands-parents d’Émile, au Haut-Vernet. L’information, révélée par BFMTV, attire immédiatement l’attention.
Lors de cette opération, les gendarmes de la section de recherches de Marseille saisissent deux vélos présents dans le garage de la famille. Ces objets doivent désormais être soumis à des expertises spécifiques afin d’évaluer leur éventuelle pertinence dans le cadre de l’enquête.
Si la nature exacte des analyses n’a pas été détaillée, cette saisie illustre la volonté des enquêteurs de ne négliger aucune piste, aussi tardive soit-elle.
Des investigations renouvelées sur le terrain
La perquisition du 16 décembre ne constitue pas un acte isolé. Quelques jours plus tard, le 22 décembre, les enquêteurs retournent une nouvelle fois sur les lieux du Haut-Vernet. Ces déplacements répétés témoignent d’un renouvellement des investigations physiques, dans l’espoir de découvrir des éléments matériels encore inexploités.
Chaque intervention vise à croiser les données issues des expertises scientifiques avec les constatations de terrain, afin de reconstituer au plus près le déroulement des faits.

La réaction mesurée de la défense
Interrogé par BFMTV, l’avocat de la grand-mère d’Émile, Me Julien Pinelli, a tenu à relativiser la portée de cette saisie. Selon lui, les objets récupérés étaient déjà accessibles lors de précédentes phases de l’enquête, notamment au moment des gardes à vue.
« Les éléments qui ont été saisis dans leur garage étaient déjà à disposition à l’époque de la garde à vue et il n’a pas été utile de les récupérer à cette date », a-t-il déclaré. L’avocat estime ainsi qu’il ne s’agit probablement pas d’éléments présentant une utilité majeure dans l’avancée du dossier.
Pour autant, Me Pinelli se montre satisfait du travail judiciaire en cours. « Le fait qu’un magistrat instructeur procède à une perquisition et à des saisies va dans le droit fil de ces démarches, et nous sommes satisfaits d’observer que cette enquête se poursuit de façon utile et efficace », a-t-il ajouté.
Une enquête toujours marquée par l’incertitude
Malgré les nombreuses investigations menées depuis la disparition d’Émile, l’enquête reste aujourd’hui entourée d’incertitudes. Si certains éléments ont permis d’écarter plusieurs hypothèses, aucun scénario définitif n’a encore pu être établi.
Les magistrats poursuivent donc leur travail avec prudence, conscients de la sensibilité extrême du dossier et de l’attente immense de la famille comme de l’opinion publique. Chaque expertise, chaque audition, chaque perquisition est analysée avec rigueur, dans l’espoir de comprendre enfin ce qui est arrivé au petit garçon.
Plus de deux ans après les faits, l’affaire Émile demeure l’un des dossiers judiciaires les plus scrutés du pays, symbole d’une quête de vérité longue, complexe et profondément humaine.