La garde à vue des grands-parents maternels du petit Émile, disparu en juillet 2023, a été levée, ont indiqué, jeudi, leurs avocats. “La piste familiale n’est pas encore refermée”, a toutefois indiqué le procureur d’Aix-en-Provence. Selon le magistrat, l'”intervention d’un tiers dans la disparition et la mort” du garçonnet est désormais l’hypothèse privilégiée par les enquêteurs.
Quelques heures après la fin des gardes à vue des grands-parents, d’un oncle et d’une tante d’Émile Soleil, le procureur d’Aix-en-Provence a indiqué, jeudi 27 mars, lors d’une conférence de presse qu’il existait une “probabilité de l’intervention d’un tiers” dans la disparition de l’enfant, dont le crâne présentait les traces d’un “traumatisme facial violent”.
Les restes du garçonnet, disparu en juillet 2023, ont été déplacés peu avant leur découverte fin mars 2024, a poursuivi le magistrat. Il a précisé que la piste familiale n’était “pas encore refermée”.
“Comme vous le savez, les personnes qui ont été placées en garde à vue ont été remises en liberté. Parce que tout simplement, à l’issue de ces gardes à vue et à la lumière de l’ensemble des éléments réunis, les charges n’étaient pas suffisantes pour conduire à une mise en examen quelconque dans ce dossier”, a-t-il expliqué.
Les avocats des grands-parents maternels d’Emile Soleil avaient annoncé à trois puis cinq heures du matin la levée de leurs gardes à vue en sortant des locaux de la gendarmerie à Marseille, où ils étaient interrogés depuis mardi matin. Mais selon le procureur Jean-Luc Blachon, la piste familiale n’est cependant “pas refermée”.
Les expertises introduisent “la probabilité d’intervention d’un tiers dans la disparition et la mort d’Emile Soleil”, a expliqué le magistrat.
“Les vêtements et les ossements retrouvés ont été transportés et déposés peu de temps avant leur découverte. Les expertises permettent aussi d’affirmer que le corps de l’enfant ne s’est pas décomposé dans les vêtements retrouvés dans la forêt” et “de caractériser la présence sur le crâne découvert de stigmates anatomiques, évocateurs d’un traumatisme facial violent”, a-t-il détaillé.

Pendant neuf mois, l’enquête n’avait rien donné de concret, jusqu’à la découverte fortuite, fin mars 2024 par une promeneuse, du crâne et de dents de l’enfant, à environ 1,7 km du hameau, à 25 minutes de marche pour un adulte.
Début février, les obsèques du garçonnet s’étaient tenues en la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var). Le soir même, les grands-parents publiaient un communiqué estimant que “le temps du silence doit laisser place à celui de la vérité” et assurant “ignorer toujours ce qui est arrivé à Émile”.
Le 13 mars, la présence d’enquêteurs dans le hameau du Haut-Vernet avait relancé les spéculations. Les gendarmes avaient saisi devant l’église paroissiale une grande jardinière, dans laquelle des traces de sang ont été retrouvées, selon une source proche du dossier.